“L’hommage de Philippe Val et Joann Sfar à Clément Rosset, l’oiseau savant” – Philippe VAL

Le Journal du Dimanche, 15 avril 2018

Philippe Val rend hommage à Clément Rosset, le philosophe français mort la semaine dernière.

Proust, Ravel, Descartes, Montaigne, Chopin, Balzac, Mozart, Lubitsch, tous les artistes et penseurs, tous ses lecteurs passés, présents et futurs, tous les héros anonymes incapables de troquer leur inquiétante liberté contre un catéchisme rassurant ont la douleur de vous faire part de la mort du philosophe ­Clément ­Rosset. C’est manquer à sa mémoire que de céder à la tristesse qui nous étreint : toute son œuvre éclaire et déculpabilise la part de joie qui illumine la conscience humaine cernée par la mort et la tragédie.

Il n’était ni marxiste ni sartrien – d’où la discrétion de sa notoriété –, il était beaucoup mieux, il était le penseur de lui-même. A l’exemple des philosophes antiques, il était sa propre philosophie, et l’on peut imaginer un Jardin Clément Rosset, avec du vin jaune, des conversations heureuses, des poètes et des musiciens, comme il y avait le Jardin d’Epicure ou l’Académie de Platon. A l’entrée, la devise pourrait être : “Que nul n’entre ici s’il ignore l’ivresse lucide nécessaire à l’accueil d’une réalité toujours imprévisible.” [+]

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