“Benjamin Fondane dans la confrontation des modernes et des antimodernes français. Un judaïsme antimoderne face aux convulsions du XXe siècle: Fondane entre Chestov et Benjamin” – Oana SOARE

Centre de Recherches Historiques (CRH), L’École des Hautes Études en Sciences Sociales

Projet de recherche : Benjamin Fondane dans la confrontation des modernes et des antimodernes français .Un judaïsme antimoderne face aux convulsions du XXe siècle. Benjamin Fondane entre Lev Chestov et Walter Benjamin, sous la direction de Sylvie Anne Goldberg et Antoine Compagnon.

Notre projet est d’entreprendre, sous l’éclairage de la théorie d’Antoine Compagnon, une analyse ample et approfondie des interactions qui existent entre modernité, antimodernité et judaisme en portant notre attention sur le cas exponentiel du poète, essayiste et philosophe franco-roumain Benjamin Fondane (1898-1944). Ce travail doit s’organiser autour de deux axes que Fondane lui-même met en rapport: d’un côté son attitude antimoderne dans un environnement intellectuel acquis aux concepts de modernité, d’un autre sa vision ontologique qui découle d’un principe ethnique ineffable, et qui le rapproche de penseurs tels Léon Chestov et Walter Benjamin. Benjamin Fondane est un cas particulièrement éloquent autant pour ce qui est de la confrontation moderne/antimoderne que d’une façon particulière de se situer ontologiquement dans une Histoire convulsive. Celui qui deviendra un poète d’avant-garde naît en 1898 en Roumanie, qu’il quitte en 1923 pour s’établir à Paris où il se sépare des cercles de l’avant-garde et émet des jugements critiques à l’égard du surréalisme. Ayant découvert la philosophie de Léon Chestov, qui est, pour lui, un antimoderne, Fondane se dirige vers l’existentialisme qui lui semble un courant de pensée à même de contester la philosophie moderne qu’il tient pour responsable de toute une série d’anomalies ayant gravement détérioré l’histoire du siècle précédent. Ses interventions deviennent visionnaires – et elles le sont d’autant plus si l’on prend en compte la fin tragique et si prématurée de Benjamin Fondane, mort en octobre 1944 au camp d’Auschwitz… [PDF]